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ROUTES DU FLAMENCO A TRAVERS L’ANDALOUSIE
source : Andalucía.org, site officiel du tourisme en Andalousie
CIRCUIT N° 1 : CIRCUIT DE LA BAJAÑÍ (suite)
San Fernando, point d´union entre les deux maîtres
Par conséquent, le parcours à travers la Isla de León doit commencer en partant du vestibule dans lequel José Monge Cruz a fait ses premiers pas avant de croiser Paco de Lucía et former l´un des plus grands duos du flamenco. C´est cela, il faut donc se situer dans la ruelle du Carmen, espace au sein duquel Camarón a formé puis réduit ses envies de devenir torero. Et dans ce cheminement, il est logique de poursuivre la visite en accédant à la vieille forge de son frère Manuel, actuellement fermée mais avec possibilité de la visiter, dans la cour de laquelle a eu lieu cette fête mythique au cours de laquelle la mère du génie chantait la "pecaora" avec le jeu de guitare de Paco de Cepero et au compás (rythme) de son fils, qui fut filmée par les caméras de télévision qui ont conservé ce moment pour la postérité. Là-bas, il est possible de contempler les affiches des premiers spectacles de Camarón avec Paco, sa collection de chaussures, le lit où il dormait et, surtout, une enclume et un marteau qui furent la source de revenus de sa famille pendant de nombreuses années. Après une pause au "güichi" La Sacristía (voilà comment les îliens appellent les bistrots), où Camarón s´arrêtait tous les vendredi saint à l´aube pour voir sortir l´image de Jésus vêtu de violet, il faut partir vers un autre point stratégique de ce circuit: La Venta de Vargas. Juste sur la place située en face, se trouve une statue dédiée au chanteur qui nous donne un avant-goût de ce que nous pouvons trouver à l´intérieur du célèbre restaurant cañaílla. Camarón y a forgé ses premières années de chanteur en écoutant Caracol, son frère Manuel, le Niño de la Calzá et la propriétaire, María Picardo. De nombreuses photos sont conservées dans l´auberge, rappelant ces moments et de nombreux autres, auberge qui outre son service de restauration peut être considérée, sans aucune exagération comme un véritable musée de l´art flamenco. Il nous reste enfin à voir le mausolée du génie. Toujours fleuri comme si son décès ne remontait qu´à un jour ou deux, la tombe dans laquelle gît le chanteur s´élève, droite, au milieu du cimetière local, car le buste de Camarón fait encore plus ressortir, si cela est possible, la figure d´un artiste sans les apports duquel le jeu de guitare (lui aussi jouait de la guitare) de Paco de Lucía aurait peut-être suivi un autre chemin. On retrouve cette idée dans la bouche de tous ceux qui fréquentait la Peña Camarón de la Isla et la Tertulia (Réunion) Flamenca de la Isla, deux autres points de référence obligatoire au cours de notre voyage.
Jerez de la Frontera. Les premiers guitaristes
Et nous arrivons ainsi à bois de gaïac, l´un des berceaux du flamenco et, par conséquent, de la guitare jonda. Sont originaires de cette ville le maître Patiño, qui a structuré presque tous les jeux flamenco et qui est l´inventeur du sillet et Javier Molina, premier accompagnateur du maître de chant Antonio Chacón. Mais il ne reste actuellement d´eux qu´un timide souvenir dans les falsetas de Manuel Morao ou Parrilla ou Rafael del Águila. Tous deux ont une cohorte d´adeptes dans la région, ce qui a donné lieu à la création d´une école clairement identifiable. Les frères de Morao, Antonio et Juan, ont suivi son jeu sur le bout des doigts, dont ils ont transmis l´inspiration à quelques uns des guitaristes piliers de l´actualité: Moraíto Chico, fils de Juan et magnifique accompagnateur, ou le virtuose Gerardo Núñez, à la tête de l´avant-garde. Pour sa part, Manuel Parrilla a laissé son héritage de joueur de guitare flamenca dans les mains de ses propres neveux, fils de son frère Juan. Manuel est guitariste, Bernardo violoniste et Juan flûtiste. Rien que ça. Mais, où faut-il aller à Jerez pour avoir conscience de tout cela? L´un des lieux les plus intéressants est sans doute el Arco de Santiago, un bar fréquenté par tous ces maîtres au sein duquel la guitare, tout comme le chant, sont des thèmes de conversation permanents, la Taberna Flamenco, fréquentée par El Torta et les Mijita, et El Lagar del Tío Parrilla. Cependant, il faut également signaler les écoles d´un classique, José Luis Balao et Fernando Moreno, qui ont en outre un magasin de guitare où se réunissent de nombreux amateurs de la bajañí pour former des réunions autour des six cordes. Et la nuit, la théorie laisse place à la pratique. "Manuel Morao y Gitanos de Jerez" met en scène, sur demande, un spectacle dans lequel les influences du maître de la guitare apparaissent au-delà du reste des idées dans n´importe quelle peña (cercle) de Santiago ou San Miguel, ainsi que dans l´une des célèbres bodegas de la région, lorsque les étals sont passés à une meilleure vie. Il ne faut pas oublier non plus la visite du Centre Andalou de Flamenco, dans le Palais de Pemartín, et de la Chaire de Flamencologie, deux références incontournables pour l´étude de la guitare grâce à la grande richesse documentaire hébergée par ses archives.
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