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Israel Galvan
El final de este estado de cosas, Redux
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Et que la lettre commence par "Bonjour Israel", n'en est pas moins paradoxal. Le nom de l'artiste inspirateur de la danse. Le nom du pays qui attaque Beyrouth. Après la première ovation du public, Israel Galván danse des siguiryas auxquelles s'enchaîne une saeta. Des siguiryas par la voix de Fernando Terremoto, mais chargées de silences et de bruits. Galván, sur un praticable, exprime sa vision particulière du flamenco, par ses pieds, ses mouvements de bras. Le drame, la passion, le dévouement atteignent à cet endroit du spectacle un sommet d'intensité. Et pour le mentionner, le groupe de heavy metal des Orthodox, vêtus de noir, encapuchonnés. Chaque frappe de pied, chaque main flamenca est applaudie par le public, qui observe le silence quand Galván se retire vers l'estrade des musiciens.
Jeréz et le Rocío
Rien de ce que fait Galván est orthodoxe, et néanmoins on ne peut remettre en question son appartenance à l'esprit flamenco. Les villancicos jerezanos, dans la voix de Diego Carrasco, mêlés aux verdiales, chantés par Juan José Amador, avec Alfredo Lagos à la guitare, le tout émaillé de pauses et de silences introduisent le moment le plus comique, une danse avec un tambour du Rocío, qui finit avec le danseur au sol. La fatigue d'une fête interminable, survivre à la fête, le danseur se tord au sol et est encore à même d'exprimer un geste du poignet, du pied. Bobote, annoncé comme responsable des palmas et des jaleos, rend hommage au danseur qui n'a pas encore fait son entrée dans le monde. Il imite ses gestes les plus caractéristiques, dialogue avec lui, et demeure seul en scène pour démontrer qu'il sait aussi danser. Pieds nus, il se contorsionne et lâchr ses pieds au rythme de la percussion et du saxo du Proyecto Lorca, animé par les encouragements du public. La dernière danse est sur la tombe. La mort et les derniers de la fête por buleria, sans fin, prie le programme. Un jeu sur les cercueils qui marque la fin et qui soulève la dernière des ovations, celle qui montre que Galván est appelé à écrire, de son nom, un chapitre propre de l'évolution du flamenco.
FLAMENCO GALVANISE
SUD OUEST, 7/11/2008
Catherine Darfay
¡MIRA! Le festival dans le festival Novart débutait hier soir au TNBA avec la création française de "El final de este estado de cosas, redux". Terrible et percutant. Pour la première de ¡MIRA!, les ouvreuses du TNBA portent de grandes fleurs rouges au pignet ou dans les cheveux. El final de este estado de cosas, redux, dont c'est la première française, lui, n'a rien de folklo. Israel Galván est un fracas qui danse comme on crie et stoppe comme on prie. Qui ose tout, surtout. Le déhanchement hérissé de faux seins et la mort debout dans un cercueil, le galop sonore qui soulève la poussière et les poses extrêmes et précaires, extrêmement précaires, jambes de couteaux et bras d'oiseau. L'universel. Et voici que son flamenco emprunte à la gestuelle de vieil enfant du butô dans un "cuadro" de sable labouré de ruades. Mais aussi, au fil des tableaux qui se succèdent à un rythme tout en tensión, à l'écriture aigüe des hiéroglyphes, aux pirouettes acrobatiques du classique, à l'énergie rock. Et voici que son taconeo se fait mitraille, en allusion à la guerrea u Liban. Mais voilà aussi que, aiguilonné par la musique drue, et le chant puissant de Fernando Terremoto, qui port bien son nom la danse farouche revient dans le cadre, violente, feroce, exacerbée. Et tragique. Et nue. Parce qu'il est passé par toutes les couleurs, parce qu'il a retrouvé l'ardeur des risques, le flamenco selon Israel Glaván réussit la parfaite équation du local moins les murs. Soit la parfaite définition de l'universel.
LA MORT VOUS VA SI BIEN (extrait traduit de l'espagnol)
DIARIO DE SEVILLA, 25/09/2008
Juan Vergillos
(…) Israel demeure fidèle à lui même. "El Final de este estado de cosas, redux" est une dépuration et un approfondissement de son langage et de ses obsessions. La douleur. La solitude. La mort, bien sûr. C'est une continuation de Arena, de Tabula rasa. C'est un chapitre de plus d'une oeuvre absolument cohérente.
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